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Dans les Hautes-Alpes, la belle solidarité entre paysans et migrants – Reporterre

Hébergements, emplois, aide alimentaire, suivi social… Depuis 2016, de nombreux agriculteurs se mobilisent pour aider les exilés qui passent la frontière entre la France et l’Italie, au col de Montgenèvre, dans la neige et l’angoisse d’être attrapés par la police.

Suite de l’article ici: https://reporterre.net/Dans-les-Hautes-Alpes-la-belle-solidarite-entre-paysans-et-migrants

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Nos actions

Une place se libère à la maison d’Elisa

Une place se libère à la maison d’Élisa à Vercheny.

C’est une maison qui accueille actuellement 8 personnes exilées et un français. A l’heure actuelle, uniquement des hommes.

Il y a une chambre par personne et un dortoir collectif pour les gens de passage.

La maison est mise à disposition de l’association Voies Libres Drôme. Il n’y pas de loyer, les habitants payent uniquement les charges de la maison qui s’élèvent à 500€ par mois. Pour payer ces charges, nous avons fait le choix que l’argent provienne de l’organisation d’actions collectives (spectacle, projections, cantine, etc.)

Il y a un grand potager (environ 500m²), un studio d’enregistrement, un espace atelier, un four à pain en construction et bientôt une cuisine extérieure.

Nous recherchons une personne intéressée pour vivre et s’investir dans ce collectif singulier entre Crestois, Diois et Douala.

La place est libre pour une personne désireuse d’apporter son soutien au projet et son investissement dans le quotidien et les actions concrètes à mener sur le lieu.

Faites tourner le mot à vos ami.e.s !

Contactez Tom 06.08.88.77.91

Nos actions

Nouvelle fournée de la cantine d’Elisa ce vendredi 16 avril

La cantine de la maison d’Elisa remet le couvert ce vendredi 16 avril

Au programme et à emporter ce vendredi (commande avant jeudi 12h au 06 12 89 90 39, au 07 58 12 29 47 ou au 07 53 38 56 04):

– Entrée – 3 euros
Pastel de patates, épinards, salade

– Plat – 7 euros
Coq Kabato-Manioc (plat traditionnel camerounais) / plat végé

– Dessert – 3 euros
cake aux carottes

Merci de penser à vos contenants.

Merci !! 

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Actu

Calais : le démantèlement systématique des camps – reportage Arte

A Calais, les opérations policières d’expulsion des campements de migrants ont lieu toutes les 48 heures. Cette stratégie de démantèlement des camps a pour objectif de décourager les migrants à demeurer dans la ville et à tenter le passage pour l’Angleterre via le port ou le tunnel. Les associations d’aide aux migrants dénoncent cette politique qu’ils associent à une stratégie de harcèlement qui n’apporte aucune solution sur le long terme. ARTE Journal a pu accompagner l’équipe d’une ONG qui suit ces opérations policières et tente d’apporter une aide aux migrants.

Vidéo à voir sur https://www.arte.tv/fr/videos/103034-000-A/calais-le-demantelement-systematique-des-camps/

Actu

Un bus pour la manifestation TOUTES AUX FROTNIÈRES du 5 juin au départ de Grenoble !

Le 5 juin 2021 à Nice aura lieu la manifestation TOUTES AUX FRONTIÈRES, une manifestation féministe transnationale contre les frontières, organisée entre femmes, lesbiennes et personnes trans.
Pour avoir plus d’information sur la manifestation et la journée de mobilisation : https://toutesauxfrontieresfr.wordpress.com/

Pour pouvoir se rendre à la manifestation Toutes aux Frontières du 5 juin 2021, le comité local 38 organise un départ en bus, c’est le moment de réserver sa place !!!

Départ le samedi 5 juin à 1h30 du matin sur le parking de la MC2, 4 rue Paul Claudel Grenoble arrivée à Nice vers 8h/8h30
RDV à Nice le 5 juin à 17h15 pour le retour. arrivée prévue à Grenoble vers minuit

Je réserve ma place à prix libre et SOLIDAIRE pour permettre à toutes de partir. Pour info, le coût du car est de 2.340€ soit 46,80€ la place en moyenne.

RÉSERVATION : écrire à toutesauxfrontieres38(arobazz)protonmail.com avec comme sujet RÉSERVATION CAR, en nous donnant un nom, un contact et quel prix-libre vous donnez (pour faciliter les remboursements si il y a une annulation).
Pour que votre réservation soit bien prise en compte, la confirmer avant le28 mai
PAIEMENT : Vous pouvez régler en liquide en venant aux réunions du comité local de toutes aux frontières*, ou en nous croisant sur des évènements, ou encore en nous demandant les coordonnées dans votre mail d’inscription.

Nous allons mettre en place une liste d’attente si plus de 50 personnes veulent venir en car et éventuellement louer un 2e bus si nous sommes assez nombreux·ses. Nous cherchons aussi un moyen de coordonner des covoiturages. Et il y a l’envie de faire un départ à vélos (départ prévu une semaine avant)

Pour soutenir les départs en bus pour toutes aux frontières et permettre au plus grand monde de venir, il a été mis en place une cagnotte dont les bénéfices seront partagés entre tous les comité locaux qui louent des bus, soutenez-les !!

* Les dates des prochaines réus dans les locaux du syndicat Solidaire 38, 3 rue Garcia Lorca : 17 avril à 10h, 30 avril à 18h, 15 mai à 10h, 29 mai à 10h.

Actu

Appel à soutien : Rencontre discussion 4 Avril Chez Roger

Le squat « Chez Roger » est le lieu de vie de plus de 60 personnes depuis Août 2020. Le tribunal de Gap a ordonné son expulsion dès juillet 2021. Dans le même temps, la coordination Sud-Est No Border accueille la caravane zapatiste cet été.

Les membres du collectif de Chez Roger on besoin de soutien pour envisager la suite possible.
Les membres de la coordination Sud Est no Border se rencontre pour organiser la venu de la caravane zapatiste.

Suite de l’article sur https://valleesenlutte.noblogs.org/post/2021/03/30/appel-a-soutien-rencontre-discussion-4-avril-chez-roger/

Actu

APPEL A MOBILISATION ET SOUTIEN POUR LES 3+4+2; RDV LE 22 AVRIL A 12H AU TRIBUNAL DE GAP; RDV LE 27 MAI A 14H AU TRIBUNAL DE GRENOBLE

Le printemps 2021 sera marqué par deux procès politiques, criminalisant la solidarité avec les exilé-es et les sans papiers.

Le 22 avril au tribunal de Gap jugement de deux solidaires en première instance pour « aide à l’entrée et à la circulation sur le territoire national de personnes en situation irrégulière »

Ils ont été interpellé le 19 novembre alors qu’ils étaient en train de porter secours à une famille Afghane sur le territoire français .

Le 27 mai jugement en appel des « 7 de Briançon »suite à la condamnation prononcée le 13 décembre 2018.

Ils ont été condamnés en première instance à des peines allant jusqu’à quatre mois de prison fermes et huit mois avec sursis pour avoir participer le 22 avril 2018 à une manifestation antifasciste.

Cette manifestation spontanée visait à dénoncer l’action du groupe fascisant Génération Identitaire présent la veille au col de l’Echelle ( Hautes Alpes) et la militarisation de la frontière qui met des vies en danger.

Depuis 5 ans , l’Etat mène une chasse à celles et ceux qu’il considère comme indésirables et procède à des refoulements illégaux quotidiens en contrevenant à ses propres lois .

Depuis 5 ans , des milliers de solidaires , des dizaines de soignants se relayent au nom du principe de fraternité pour porter assistance à des exilé-es déterminé-es à venir chercher chez nous un peu de paix.

Les violences policière sont avérées https://www.bastamag.net/police-racket-violence-sur-mineur-detournement-de-fonds-publics-refugies-proces-PAF-Montgenevre,la mise en danger des exilé-es qui une fois sur le territoire français tentent d’échapper à leur interpellation et les courses poursuites meurtrières aussi https://www.liberation.fr/france/2019/05/08/sur-les-traces-de-blessing-matthew-migrante-nigeriane-noyee-dans-la-durance_1725483.

Il ne s’agit plus de bavures policières isolées mais d’une répétition d’actes systématiques de violence et de graves atteintes aux droits fondamentaux qui témoignent d’un racisme systémique à l’oeuvre aux frontières françaises et européennes.

Cette politique du gouvernement français a conduit à la mort de 5 personnes en exil à Montgenèvre.

Pour les mêmes raisons , plusieurs centaines de blessés sont déjà à déplorer et le ton sécuritaire continue de monter.Le 16 novembre , les effectifs de police ont été doublés à Montgenèvre, avec de plus le renfort des forces dites sentinelles .

Par ces décisions , le gouvernement veut faire croire qu’une Europe -forteresse est possible et vaut mieux que des vies humaines .

Les milliers de cadavres aux frontières de l’Europe, la violence et les dénis de droits aux frontières intérieures des pays européens ne semble pas le gêner.

POUR NOUS ,SOLIDAIRES , il n’est pas question que le scénario se répète inlassablement à la fontière briançonnaise .

La militarisation de la montagne n’est qu’un geste vain de l’Etat qui pousse les exilé-es à prendre plus de risques.

Nous voulons faire de nos procès une nouvelle occasion de mettre en lumière la répression, l’injustice et la violence invisibilisées qui s’excercent chaque jour sur les personnes en exil.

« Les gens qui meurent sur les plages , si c’étaient des blancs , la terre entière serait en train de trember »
Fatou Diome

La répression nous coûte cher .

Depuis 2018 , les procès et les frais de justice se sont multipliés , une vingtaine personnes ont été poursuivies en justice dont 12 pour aide à l’entrée sur le territoire , les autres pour des motifs fallacieux ( outrage …)

Depuis 2018 , les besoins en aide d’urgence pour les lieux d’accueil des exilé-es comme les maisons occupé-es de la Casa Cantoniera à Oulx , Chez Marcel à Briançon , Chez Roger ( ex Cesai) à Gap sont continuels et engendrent beaucoup de frais .

NOUS APPELLONS A SOUTENIR FINANCIEREMENT LA LUTTE

POUR QUE CESSE LA TRAQUE AUX EXILE-ES PARTOUT SUR LE TERRITOIRE

EN SOLIDARITE AVEC TOUS LES SANS PAPIERS ET LES SOLIDAIRES INCULPE-ES

ET VOUS ATTENDONS NOMBREU-SES

LE 22 AVRIL A GAP , 12 H DEVANT LE TRIBUNAL

LE 27 MAI A GRENOBLE , 14 h DEVANT LE TRIBUNAL

Cagnotte de soutien: https://www.papayoux-solidarite.com/fr/collecte/appel-a-soutien-3-4-2-de-briancon

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Dans la nuit du col de Montgenèvre, le cortège des migrants a repris sur les sentiers enneigés – par Juliette Bénézit (Briançon, Hautes-Alpes) – Le Monde – dimanche 28 mars 2021

Chaque jour, plusieurs personnes arrivent à Briançon au terme d’une marche dangereuse et éprouvante. Un temps limitées par la crise sanitaire, les tentatives de passages ont repris.

Karim balise l’itinéraire sur son téléphone portable. A voix basse, il glisse quelques indications aux autres et jette des regards inquiets par la fenêtre. Ils sont une dizaine au total – des Marocains, des Tunisiens, des Algériens, un Égyptien et un Palestinien –, tassés dans ce minuscule abri en bois, au milieu des massifs enneigés. Dehors, il fait nuit noire. La température est de – 5 degrés.Omar se roule une dernière cigarette. Rachid empoigne le sac de courses dans lequel il trimballe quelques affaires. Ce soir-là de mars, pour passer le col de Montgenèvre (Hautes-Alpes), frontière physique entre la France et l’Italie, il faut marcher une dizaine de kilomètres, pendant cinq heures, à plus de 1 800 mètres d’altitude.

Plus ou moins volontairement, Karim hérite du rôle de guide. Dans la pénombre, son visage marqué apparaît. Le Tunisien de 43 ans est anxieux. Quelques heures plus tôt, lors d’une première tentative, le groupe a essuyé un échec. Ils ont croisé les forces de l’ordre qui les ont aussitôt renvoyés en Italie »

Karim préfère s’écarter des itinéraires officiels fléchés pour les randonneurs. « C’est moins risqué comme ça », veut-il croire. Sur ces chemins toujours plus étroits et sinueux, le groupe avance en file indienne, silencieux et têtes baissées. On s’enfonce dans la neige parfois jusqu’aux hanches, on glisse, on se contorsionne pour enjamber les branches d’arbre. Après plusieurs heures de marche, la fatigue est là. Sur un long sentier en côte, un des membres du groupe s’arrête et relève la tête. Il contemple la nature brute qui se dessine dans la nuit. « Ça me rappelle les montagnes de l’Atlas, au Maroc. Ma mère vient de là-bas », murmure-t-il.

Couples âgés et nourrissons

Plus tôt dans la soirée, le groupe a aperçu une famille afghane s’élancer sur ces mêmes chemins. Avec eux, il y avait « une vieille dame avec une cane », insiste Karim. Au Refuge solidaire de Briançon, où les exilés peuvent s’octroyer une pause une fois arrivés en France, deux couples afghans ont été accueillis ces dernières semaines. Les premiers époux avaient 77 et 74 ans, les seconds 73 et 69 ans. En montagne, il est aussi devenu habituel de croiser des enfants en bas âge, parfois des nourrissons. L’un d’entre eux avait 12 jours. Un autre cas a ému l’eurodéputé Damien Carême (Europe Ecologie-Les Verts, EELV), qui accompagnait des maraudeurs, mi-février : celui d’une femme enceinte, afghane aussi, sommée de rebrousser chemin par les forces de l’ordre françaises. Elle accouchera en Italie quelques heures plus tard.

Un temps ralenties par la crise sanitaire, les tentatives de passage à la frontière ont repris. En janvier et février, 394 personnes sont arrivées au Refuge solidaire, dont 31 femmes et 46 enfants de moins de 13 ans.

« Harcèlement policier »

la première fois que des migrants se sont risqués sur ces routes montagneuses, c’était en 2017. Avant, « personne n’imaginait que quiconque puisse passer dans ces reliefs tout à fait improbables du point de vue de la sécurité », constatait Martine Clavel, préfète des Hautes-Alpes, lors d’une conférence de presse en février. »

« Au départ, on voyait surtout des jeunes hommes originaires d’Afrique de l’Ouest, se souvient Alain Mouchet, bénévole au Refuge solidaire, qui a accueilli plus de 12 000 personnes depuis son ouverture en juillet 2017. A partir d’octobre 2019, la population a changé. On a désormais beaucoup de gens qui arrivent du Maghreb et beaucoup de familles qui viennent d’Afghanistan et d’Iran. »

D’après les chiffres de la préfecture des Hautes-Alpes, parmi les hommes qui tentaient le passage en 2019, les nationalités les plus représentées étaient les Guinéens, les Sénégalais et les Maliens. En 2020, les trois premières nationalités sont les Afghans, suivis des Iraniens et des Tunisiens.
Lors des maraudes, « on constate des hypothermies, des gelures, des entorses, des luxations. On doit parfois envoyer les gens à l’hôpital », explique Pamela Palvadeau, en charge des migrations transalpines pour Médecins du monde (MDM). Avec des personnes âgées, des femmes enceintes ou des enfants, « les risques sont encore plus importants », complète Philippe de Botton, médecin et bénévole pour MDM. Ces dernières semaines, les associations ont dénoncé un « harcèlement policier » à leur égard et une frontière « de plus en plus militarisée ».

Ceux qui arrivent aujourd’hui à Briançon ont déjà un long chemin d’exil derrière eux. « Ils viennent par la route des Balkans, un trajet particulièrement douloureux lors duquel ils subissent des exactions monstrueuses, notamment en Bosnie et en Croatie », souligne encore Philippe de Botton. Avant de se lancer à l’assaut des Alpes, la plupart ont déjà traversé une dizaine de pays sur le continent européen et autant de frontières ultra-sécurisées, souvent à pied et dans des conditions de dénuement extrême.

Passage par le détroit de Gibraltar « trop compliqué »

Le lendemain de sa traversée avec Karim, Omar s’installe à une table du Refuge. Pendant deux heures, ce Palestinien de 27 ans qui vivait en Syrie raconte son histoire, celle d’une interminable traversée de l’Europe qu’il a débuté il y a « un an et six mois » pour rejoindre son frère, réfugié en Allemagne. Omar parle d’abord de la Turquie, où il s’est ruiné en donnant de l’argent à des passeurs et à des gens qui lui promettaient des faux papiers pour voyager en avion. Il parle ensuite de cette marche de quatre jours pendant laquelle il a tenté de traverser la Macédoine du Nord. Puis de cette nuit où il a dormi dans un camion avec trente ou quarante personnes pour passer en Serbie. Omar évoque enfin ces refoulements incessants à chaque frontière et ne compte plus les cas de violences policières.Hamza, lui, a 24 ans, et vient de Tétouan, dans le nord du Maroc. Son projet est d’aller en Espagne, à Barcelone, « pour travailler ». C’est pourtant la route des Balkans qu’il a décidé de suivre plutôt que de tenter la traversée au niveau du détroit de Gibraltar. « C’est devenu trop compliqué là-bas, ça ne marche plus », dit-il. Son voyage a donc débuté par la Turquie, « il y a un an ». Le pays lui avait au départ délivré un visa. »

Sur son téléphone portable, Hamza a gardé précieusement toute une série de photos et de vidéos qui mettent en images son récit. On le voit par exemple sur un bateau pneumatique en train de traverser le Danube pour passer de la Serbie à la Croatie. Ou lors de longues marches – dont une de « vingt et un jours » en Grèce – entouré d’autres jeunes hommes, parfois d’enfants, dans un état d’épuisement total. Hamza raconte ces fois où il n’avait ni à boire ni à manger pendant plusieurs jours.Lors de leur traversée des Alpes, la veille, certains dans le groupe se connaissaient déjà. En Croatie, Omar a par exemple rencontré Ahmed, un Egyptien de 30 ans qui souhaite pouvoir travailler en France. S’il se retrouve dans cette situation aujourd’hui, c’est à cause « d’un patron croate qui travaille dans le bâtiment », dit-il. « Il m’a fait venir d’Egypte pour m’exploiter dans un réseau de traite d’êtres humains. » Alors Ahmed s’est sauvé.

Après le dîner, ce dernier nous glisse qu’une famille afghane qu’il avait « rencontrée dans un camp en Croatie » doit faire son arrivée au Refuge dans la soirée. Vers 23 heures, un couple et leur fils de 3 ans apparaissent effectivement sur le pas de la porte, en tenue de ski. Le petit Mohamed est dans les bras de son père. Il a de grands yeux noirs, un visage rond et des cheveux bruns qui lui tombent devant les yeux.Avec son bonnet blanc sur la tête et ses boots bleu marine aux pieds, Mohamed court vers un matelas où quelques jouets ont été posés. A ceux qui l’appellent, il ne répond plus vraiment et se défoule nerveusement sur le cheval en plastique qu’il a dans les mains. Des passages de frontière dans ces conditions extrêmes, Mohamed en a déjà vécu une dizaine. »

Par Juliette Bénézit (Briançon (Hautes-Alpes) – envoyée spéciale